La Voix: Valérie Daure, une artiste en or!



La voix derrière le Ota de la célèbre publicité du Casino de Montréal, c'est elle. Valérie Daure est la toute première candidate à avoir foulé la scène de La Voix cette année. Charles Lafortune a déja dit en entrevue que la première personne à monter sur scène est toujours une des meilleures. Le but: impressionner les coachs! Et bien, on peut dire que cette année les coachs ont définitivement eu droit à une performance époustouflante et ce, dès le début. Valérie a accepté de nous accorder une entrevue. Ce fût un honneur pour l'équipe de Petite Boîte de s'entretenir avec elle. Voici le résultat de cette entrevue.

Petite Boîte:  Il y a une semaine, tout le Québec pouvait voir ta performance à La Voix. Quelques jours plus tard, comment vas-tu? As-tu eu droit à une grosse semaine?

Valérie: Oui, c'est sûr qu'en plus de la combinaison de tout ça ensemble la vie continue donc, je continue de travailler. Disons que l'attention soudaine rend ma gestion du temps un peu plus difficile. (rires) Somme toute, ça se passe bien.

P.B: Vous recevez aussi beaucoup de messages de fans. Comment vis-tu avec l'amour soudain du public?

V: C'est super spécial! Je travaille beaucoup de la maison, alors je ne suis pas sortie beaucoup de chez moi. Je n'ai pas encore touché à la ''réalité'', à l'exception de quand je suis sortie pour aller faire un spectacle corporatif. J'ai fait trois spectacles en deux jours et là j'ai trouvé ça un peu spécial que les gens me reconnaissent. Il y des gens qui sont venus me voir et m'ont dit «Allez, allez fait ton rap! On t'a vu à la télévision» (rires) Je leur ai fait un petit bout acapella, ils étaient bien contents!  Ça m'a vraiment fait rire! Aussi, c'est sûr que sur les réseaux sociaux, c'est vraiment le fun parce que je crée un contact avec des gens que si ça n'avait pas été de La Voix, ne m'auraient peut-être jamais porté un intérêt et que je n'aurais peut-être jamais connu. Ce sont des gens différents de mon public habituel. Que ces personnes-là prennent la peine de m'écrire, c'est un peu incroyable! Quand c'est le centième message que tu lis, tu te dis «Ouin, ça devait pas être si pire que ça ma performance finalement, même si je me suis trompée en plein milieu, les gens ont aimé ça pareil.» (rires)

P.B: Ça devait être bon en tous les cas, parce qu'en plus les quatre coachs se sont retournés lors de ta performance. Tu as choisi de te joindre à l'équipe de Louis-Jean Cormier. Qu'est-ce qui a motivé ton choix?

V: Louis-Jean c'est un auteur que j'admire depuis vraiment longtemps, en fait depuis la sortie du premier album de Karkwa. Je l'ai découvert à ce moment-là et je l'ai vraiment aimé immédiatement. C'était la première fois que j'entendais quelqu'un qui chantait en Français et que ça me rejoignait. Il avait un style qui était nouveau, très actuel, avec un beau Français, de la belle poésie qui ne sonnait pas trop intellectuelle ou trop recherchée, mais qui était juste bien mise. Il m'a charmé dès le début, j'ai suivi cet artiste-là dès ses débuts, j'ai étudié ce qu'il faisait et je m'en suis inspirée beaucoup, alors quand j'ai su qu'il serait parmi les coachs cette année, ça a vraiment motivé mon désir de faire les auditions. C'est sûr que je souhaitais très fort qu'il se retourne, mais ce qui est le plus drôle c'est qu'une fois que tous les coachs se sont retournés et avec tous les beaux commentaires qu'ils m'ont donnés. Surtout Éric Lapointe qui s'est mis à genoux et qui a été super généreux, là j'ai vraiment hésité! Louis-Jean a été gentil mais on sent que c'est une personne un peu plus rationnelle, donc ses commentaires n'étaient pas aussi éclatants. Je me suis questionnée à savoir c'est tu moi qui le veux plus que lui me veut... Peut-être qu'il ne sait pas quoi faire avec moi? (rires) Une fois que tu es là devant les coachs, tu t'attends tellement pas à ça. C'est vraiment surprenant. J'ai hésité, mais finalement j'ai fini par y aller avec mon cœur. J'admire Louis-Jean depuis tellement longtemps! En plus dans l'énervement je l'ai appelé Louis-Jo! (rires)


P.B: Oui, un petit surnom pourquoi pas, ça fait amical! (rires)


V: Ça prouve à quel point c'est juste vraiment très stressant ce moment-là!

P.B: Et là j'imagine que ça a dû être assez étrange, parce qu'en fait les tournages pour les auditions à l'aveugle avaient lieu en novembre ou décembre et étaient diffusés uniquement un mois plus tard. As-tu dû cacher à tes proches que tu étais entrée dans l'aventure?

V: Oui, il y a uniquement les gens qui m'ont accompagnée au tournage qui avait le droit de le savoir . Je l'ai dis à ma mère aussi. Je n'ai pas vraiment eu le choix parce que tout d'un coup ma sœur qui vit à Toronto est chez elle. Elle se posait des questions. Sinon, il fallait vraiment garder le secret et ça a été super dur! Il y a tellement de personnes à qui j'avais vraiment envie de le dire et il y avait même des gens qui me disaient «T'aurais dû aller à La Voix!» Il y avait aussi des gens qui me disaient «Moi, je suis bien branché et j'ai su entre les branches que tu avais été prise.» Donc, c'est vraiment dur de garder le secret, mais je pense que j'ai fait un bon travail. Il y a des moments où j'ai été obligée de l'avouer parce que la personne le savait. J'en étais même stressée, je disais aux gens «Dis le à personne!» et je réécrivais à la personne pour lui dire de ne pas en parler!

P.B: J'imagine! Ça a dû être vraiment difficile, parce que tu le vis et tu as surement envie d'en parler à tout le monde mais tu ne peux pas!

V: C'est super stressant, tu ne veux pas compromettre ta participation à l'émission! En plus, je chante depuis quand même longtemps alors je connais pas mal de musiciens et d'artistes qui savaient un peu plus d'informations sur l'émission... C'était vraiment difficile de garder le secret!

P.B: Comment vois-tu la suite de ton aventure à La Voix?

V: J’essaie de vraiment apprécier le moment et de le vivre pleinement. En même temps, je suis assez rationnelle donc j'essaie de me concentrer sur ce que je peux réellement faire en m'assurant d'être à mon meilleur quand va venir le temps de performer et de travailler fort à la maison, de composer ... J'avais déjà un projet de capsules web de performances live acoustiques et je l'ai diffusé sur ma page de La Voix et ça a été plus loin que ce dont j'imaginais. Ckoi et RythmeFM l'ont partagé sur leurs réseaux sociaux donc ça m'a vraiment surprise! Décidément, je n'ai que des surprises (rires)! Ça m'a vraiment donné un encouragement pour continuer. J'essaie de travailler fort pour pouvoir profiter le plus possible de cette chance-là.

P.B: Tu as fait Hairspray cet été, tu es la voix de la fameuse pub du Casino... Peux-tu nous parler de ton parcours musical qui t'a amené jusqu'à La Voix?


V: Mon parcours musical est assez chargé disons! Ça fait environ 14 ans que je fais de la musique. J'ai toujours chanté à la maison parce que j'ai une famille de musiciens, mais j'étais très timide et je préférais me défouler dans le sport que sur une scène, étant donné que dans le sport tu n'es pas obligé de parler et personne ne te regarde. C'est à 17 ans alors que je fêtais la St-Jean, j'étais dans un état plutôt parallèle (rires), on ''jamait'' et un de mes amis m'a dit qu'il venait de perdre sa choriste pour sa participation au Festival de la chanson de Granby et il m'a proposé de la remplacer. Finalement, je n'ai pas pu l'accompagner étant donné que je n'avais pas été inscrite au début, mais il a gagné le Festival et pas longtemps après il a eu un showcase pour une maison de disques et il m'a demandé de faire le showcase avec lui et on a été signé par la maison de disques qui s'appelait Indica records à l'époque. J'ai donc passé d'une fille beaucoup trop gênée à une fille qui est signée par une maison de disques! Ça a vraiment commencé drastiquement! Ensuite, j'ai fait partie de Dubmatique et j'ai collaboré avec plein d'artistes plus underground et après je me suis ramassée avec Bran van 3000. J'étais un peu comme une chanteuse sur demande. On me demandait de faire quelque chose donc je le faisais, mais tranquillement j'ai essayé de faire mes projets solos mais j'avais beaucoup de difficultés, parce que je n'avais pas trop confiance en moi. Et chaque fois que je collaborais avec un groupe ça finissait par se terminer et donc, j’essuyais souvent des défaites. Chaque fois j'avais l'impression que ce serait grâce à ce groupe que je me ferais découvrir et que je pourrais vivre de la musique et finalement ça ne fonctionnait pas. J'ai vécu beaucoup de déceptions! Il y a eu un moment où tout s'écroulait autour de moi et j'avais beaucoup de peine, j'hésitais et c'est là que j'ai eu l'appel de l'assistante de Denise Filliatrault qui m'a dit «Renée Simard a vu ta vidéo et il a beaucoup aimé. Est-ce que ça te tente de venir passer l'audition pour Hairspray?» J'y suis allée! C'était la première fois que j'avais la chance d'embarquer dans un projet qui était aussi bien ficelé et bien coordonné. En plus, je partageais ce projet-là avec des artistes super gentils et talentueux. Je n'avais jamais vécu une expérience aussi positive de toute ma vie! Et même après Hairspray, nous sommes encore tous amis. C'est d'ailleurs avec eux que j'ai écouté la première de La Voix! (rires) Après Hairspray, Denise Filliatrault m'a passée en audition pour une autre comédie musicale et cette fois-ci je n'ai pas eu le rôle. C'était donc encore une déception, alors que je pensais être sur une belle lancée! En plus, j'avais été rappelée pour la deuxième audition, alors j'ai passé deux semaines à pratiquer tous les jours et c'est devenu très prenant donc quand la défaite arrive, c'est encore plus dur! C'est après cette déception-là que je me suis dis «Là Valérie, c'est ta dernière chance. Essaie-le une dernière fois pour toi et essaie d'avoir suffisamment confiance en toi pour t'assumer en tant qu'artiste!» Dans le passé, j'avais fait un EP et étant donné qu'il y avait du rap dedans les ''Rappeur'' n'étaient pas trop d'accord. Il y a beaucoup de combats et de débats dans l'industrie, juste pour s'assumer et être soi-même. Quand j'ai fait l'audition pour La Voix et qu'on m'a dit «C'est bon on te prend et en plus, tu vas faire du rap!» Ça m'a jeté par terre! Productions J produit un format assez précis et là, ils dérogeaient de ça avec moi, une chanteuse un peu plus underground qui fait du hiphop, j'ai trouvé ça renversant! J'ai encore du mal à le croire! De vivre ça, ça m'a donné du courage. Je me dis « Peu importe les rejets, les déceptions que tu as eues avant là tu es sur une belle lancée et en plus en étant qui tu es vraiment!» Alors j'essaie d'en profiter et de travailler fort pour pouvoir dire un jour que je suis vraiment une chanteuse. Bref, une longue route périlleuse! Avec La Voix ça m'a apporté vraiment beaucoup! Souvent on a des préjugés sur ces émissions-là et maintenant que je la vis, je n'ai que du positif à dire de ça.



P.B: C'est un plaisir de te parler Valérie. Tu as vraiment un beau parcours rempli de belles leçons de détermination! Tu as beaucoup de talents. Bonne chance pour la suite et au plaisir de te rencontrer un jour!


Pour plus d'infos sur Valérie Daure visitez sa page officielle ou sa page Facebook

Entrevue par Martine Boucher

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