Kevin Rivette rime avec touchant, talent et détermination


L'équipe de Petite Boîte a eu la chance de connaître Kevin Rivette en décembre dernier, lors du dîner de Gabrielle Destroismaisons. Invité par la belle Gabrielle, Kevin Rivette est monté sur scène afin de nous offrir quelques chansons de son répertoire et un touchant discours. Kevin Rivette est un excellent communicateur, un homme spirituel et sans malice. Ce chanteur Ontarien a été pour nous un coup de cœur instantané. Il est venu nous toucher droit au cœur dès ses premiers mots. Nous avons décidé de vous le faire découvrir, parce que vous pourriez changer sa vie autant que lui pourrait changer la vôtre. 

On peut dire que Kevin Rivette a eu une vie plutôt mouvementée. L'homme qui a vécu de l'intimidation par le passé et qui a eu des problèmes de santé peu banals, se sert aujourd'hui de ces épreuves pour faire ce qu'il aime le plus au monde, chanter. Originaire de Cornwall, Kevin Rivette est fier de ses origines et transmet cet amour pour ses racines à travers la musique. L'homme qui a remporté le premier prix ''Interprète 40 ans et plus'' du concours Trois pistoles en chansons en 2013, a de quoi être fier! En plus de remporter ce prix prestigieux, il est également le tout premier Franco-Ontarien à l'avoir obtenu et ce, depuis la mise sur pied du concours, il y a un peu plus de sept ans.

De nature généreuse et altruiste, Kevin Rivette a lancé en 2013 un projet nommé Project Goodbye qui avait pour but d'amasser des fonds et surtout de sensibiliser les gens à la réalité que vivent les familles endeuillées de nos soldats Canadiens ayant perdu la vie lors de la mission Canadienne en Afghanistan. Le chanteur a également à cœur la reconnaissance du travail et du talent derrière chaque artiste. Pour l'avoir lui-même vécu, il sait à quel point il n'est pas simple de se faire une place dans l'industrie musicale. Il souligne d'ailleurs l'ouverture du Québec face aux artistes de la relève. Chose qui semble-t-il, diffère d'une province à l'autre. Un amoureux des arts se cache derrière Kevin, et on sent qu'il souhaite à tout prix transmettre cet amour à tous.

Il a accepté de nous accorder une entrevue. Voici donc le résultat de notre échange avec un homme touchant et inspirant; Un homme à découvrir, Kevin Rivette.


« Le Québec a toujours su comment apprécier les artistes Anglos et Francos! Pour moi, il y a une appréciation, un esprit de famille. C’est différent! Le Québec apprécie l’art, tu y es respecté parmi tes pairs. Les artistes n'ont pas peur de faire vivre leur artiste intérieur...»
        - Kevin Rivette


Petite Boîte: Comment as-tu découvert que tu avais des talents de musicien?

Kevin Rivette: Venant d'une grande famille de musiciens, c’était presque évident pour moi!  Ma grand-mère paternelle a eu 18 enfants! Tous mes oncles et mes tantes ont été des inspirations.  Il n’y en avait pas un qui ne jouait pas d'un instrument ou qui chantait. Ceux qui connaissent l’époque des grosses familles, savent assurément que malgré que l’argent n’était pas en grande quantité, c’était les petites choses dans la vie qui faisaient du bien. Pour certain c'était de jouer aux cartes, se raconter des histoires... Pour nous, c’était la musique! J’étais jeune quand j'ai découvert la musique. Mon père et ma mère me regardaient écouter la musique dans ma petite chaise berçante. À l’âge de 3 ans, je suis tombé amoureux de la musique et cet amour perdure.

PB: Parles-nous de ton parcours musical?

K: Oh boy! Ça c’est une longue histoire qui dure 37 ans! (rires) Comme mentionné plus tôt, je viens d'une famille musicienne. Il y avait 4 orchestres dans notre famille. C’était une époque différente sur la scène musicale. L'industrie était en pleine croissance et était éblouissante. J’ai eu plusieurs professeurs de musique, qui m’ont tous appris la musique et la vie d’artiste sur scène et aussi hors scène.  Ils m'ont appris la détermination, le respect de soi et surtout de laisser tous les styles de musique m’influencer. Mon esprit musical a toujours été très ouvert. Je crois qu'être un musicien ou un artiste, c’est un don!  Il faut croire que Dieu, m’a choisi!   

Enfant, j'ai connu l’intimidation. L'intimidation dont j'ai été victime m'a même amené à l’hôpital où je suis resté pendant plus de 4 ans.  L'intimidation a eu de gros impacts sur mon estime de soi. C’est une personne qui était toujours là pour moi qui m'a sauvé, mon prof de musique! C'est d'ailleurs encore aujourd'hui une amie chère. Madame Raymonde Samson m'a toujours encouragé à continuer, elle croyait en moi. Par la suite, j’ai retrouvé petit à petit ma confiance en remportant 7 victoires consécutives lors de différents festivals de la musique pour mon école et mon conseil scolaire. Ensuite, durant mon adolescence, j’ai eu la chance de chanter à plusieurs reprises avec les orchestres de ma famille ou avec des chorales, des associations... J’ai eu la chance d’avoir une offre pour faire un disque. Malheureusement, en raison des 4 années d’hospitalisation suite à  l'agression que j'ai vécu à l’école, et à une année de réhabilitation, j'ai dû refuser. 

Comble du malheur, la veille de Noël lors de ma première année au secondaire, j’ai été victime d’un accident de voiture. Heurté par un conducteur ivre au volant, j'ai du vivre une autre année de physiothérapie pour recommencer à marcher. Avec tous ce parcours difficile, la musique fût ma sortie, ma voie, une fuite pour ma colère et ma peine. 

Plus tard, j'ai dû être opéré à l'estomac. On m'a retiré le tiers de mon estomac. C'est suite à une prise intense de médication que j'ai développé des ulcères gastriques et que cette opération est devenu la seule option. À cette époque, j’ai décidé de ne jamais prendre la vie pour acquis. Malgré toutes ces épreuves, j’ai continué de représenter mon école au niveau provinciales au camp musical, j’ai enseigné la musique et je suis devenu professeur et directeur musical dans les Forces Armées Canadiennes pour mon escadron , jusqu’au jour où en raison de manque d'argent ce programme fût coupé. J’ai donc pris ma retraite des Forces Armées Canadienne à ce moment-là.

La musique fait vraiment partie de ma vie,  j’ai d'ailleurs rencontré mon épouse en lui chantant la pomme! (rires) Mon trajet musical, c'est mes expériences de vie acquises qui m'ont aidé à croire en moi, en mon artiste intérieur. J’ai fait de la télévision et de la radio, mais je tente toujours de faire connaitre Kevin Rivette la personne mais surtout, Kevin Rivette, l’interprète.

PB: Qu’est-ce qui est le plus difficile en tant qu’artiste qui débute dans le domaine?

K: Si tu entres dans ce métier en te disant que tu es le meilleur ou si tu es orgueilleux, sors tout de suite! Si tu penses que ça arrive du jour au lendemain, bonne chance!  Ça prend une tête dure, de la patience et surtout dernièrement, ça prend de la chance!  Être au bon endroit, au bon moment. Et surtout, n'oublie jamais que tu chantes pour toi et pour l’amour de chanter. Il faut foncer et accepter de se faire dire NON! En tant qu’interprète, on doit reconnaitre qu’il y a une histoire à raconter à travers chaque époques musicales. S'il n’y a pas de connexion avec le cœur lorsque tu chantes une chanson, oublie ça! C’est pour cela que je trouve ça parfois difficile de percer au niveau de la musique. Les grosses boîtes sont toutes axées sur la nouvelle génération d’aujourd’hui et oublient le travail musical qui a été fait dans le passé. On oublie ceux qui ont créé la musique. Voici ma frustration musicale en tant qu’artiste. 

Je veux chanter pour divertir. Lorsque je chante, j'aime que mes auditeurs se rappellent des souvenirs. J'aime leur faire vivre des émotions. Ça c’est mon bonheur! Je souhaiterais seulement avoir la chance de faire vivre ces émotions et ces expériences à un plus grand auditoire.

PB: Tu as participé à différent concours de chant, qu’est-ce que ces expériences t’ont apporté?

K: Ça m’a permis de comprendre qu’il y aura toujours quelqu'un qui t’obligera à te pousser toujours plus! Donner le meilleur de toi!  Pour moi, ces expériences m'ont apporté une joie profonde, car j’ai pris une chance et je n’aurais jamais à dire «  J’aurais dont dû!».  Peu importe l’âge, on ne doit jamais arrêter de rêver. En décembre dernier, Gabrielle Destroismaisons m'a demandé de chanter pour une levée de fonds aux profits de la banque alimentaire de St Lin. Chanter avec elle a été pour moi une expérience unique et une histoire musicale racontée par deux voix. C'est grâce à des concours de chant tel que Trois Pistoles en Chanson, Festival de la Chanson de Granby et plusieurs autres, que les futurs musiciens/musiciennes se sentent valorisés. On ne sait jamais qui est à l’écoute, alors il faut vivre le moment présent et donner son 110%!

PB: Comment l’industrie musicale Québécoise est différente du reste du Canada?

K: Le Québec a toujours su comment apprécier les artistes Anglos et Francos! Pour moi, il y a une appréciation, un esprit de famille. C’est différent! Le Québec apprécie l’art, tu y es respecté parmi tes pairs. Les artistes n'ont pas peur de faire vivre leur artiste intérieur et ''se foutent'' parfois du coté superficiel comme la popularité, le vedettariat... On a juste à regarder les musiciens du Métro! Au Canada, Vancouver, Toronto et Montréal, sont des points de repères.  Pour moi, mon choix, c’est le Québec car il y de l’action et de la joie de vivre. Le Québec est fidèle à ses artistes et reconnaît l’histoire derrière ses artistes, parfois même s'ils prennent une pause de l'industrie pendant plusieurs années, ils sont accueillis chaleureusement à leur retour sur scène. C’est comme ça que l’industrie devrait être, partout à travers le monde!

PB: Que veux-tu partager à travers ta musique?

K: Mes expériences de vie, mon parcours, des émotions profondes...Je choisis attentivement ce que j’interprète!  Il faut que ça me fasse bouger, ou pleurer. Que ça me fasse vivre quelque chose, sinon ce n’est pas pour moi. Je me dis que si je ne ressens rien, comment je peux faire en sorte que les autres ressentent quelque chose...

PB: Qui sont tes inspirations?

K: J’en ai plusieurs à travers les époques. Je suis un interprète qui gère ses inspirations par mes sentiments, mon vécu et l’histoire racontée dans les chansons. Je dirais que parmi mes inspirations se trouve, Glenn Miller, Lawrence Welk, Elvis Presley, Diana Crawl, Les Classels, La Botine Souriante, Marie Denise Pelletier, Garou, Céline Dion, Martine St-Claire, Lara Fabian, Gabrielle Destroismaisons, Michael Bublé, Frank Sinatra, Ginette Reno, Patrick Normand, Étienne Drapeau, Roch Voisine, Lionel Richie, Sarah Mclachlan, Van Halen, James Brown, Ray Charles… Il y en a tellement!

PB: As-tu des projets musicaux à venir?

K: Il y a un projet sur lequel je travaille depuis 7 ans. Je souhaite qu’il se réalise prochainement.  Pour moi, ce serait le plus beau cadeau, car c'est un projet que je partage avec deux personnes incroyables. Une ancre de la scène musicale internationale et un ami qui est aussi parolier. Un jour, je vous en dirai plus!

Je souhaite aussi, faire une compilation de chansons « baby boomers », un album bilingue. Je souhaite qu’il y ait des artistes Québécois populaires prêts à ouvrir leurs portes et faire de belles échanges musicaux. Pour moi, en tant que petit Franco Ontarien, je voudrais me faire connaître au Québec. C’est un objectif, un rêve que plusieurs Ontariens comme moi souhaitent réaliser. C’est avec des petits pas et des échanges avec des gens de cœur comme les filles de l'équipe de Petite Boite que ceci peut se réaliser!  On ne sait pas ce que demain nous réserve!
  

 Si vous aussi vous êtes tombé en amour avec cet homme formidable, je vous invite à le suivre via les réseaux sociaux sur Twitter et Facebook

Pour voir Kevin en performance, je vous invite également à visionner notre vidéo résumant le dîner de Gabrielle Destroismaisons 


Article et entrevue par Martine Boucher
Photos par Claudia Boisvert (1), inconnu (2) et Carol Grant Productions (3)

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