Petite Boîte en entrevue avec Noir Silence & Sophie Pelletier

Par Stéphanie Lagüe
Crédits photos: (1) noirsilence.com (2) OSA Images


Suite au concert de Noir Silence aux Foufounes électriques vendredi le 28 mars dernier, Petite Boîte a eu la chance de rencontrer Samuel Busque le guitariste du groupe ainsi que Sophie Pelletier.


Petite Boîte : J’ai vu sur votre Facebook que la salle des Foufounes Électriques étaient dans votre top 10 des salles et festivals à faire, pourquoi?

Samuel Busque : On a eu la chance au fil des années de vraiment tout faire. On a fait le Spectrum une dizaine de fois, le festival d’été de Québec, les plaines à Québec devant 100 000 personnes, le parc Maisonneuve devant 250 000 personnes et 1 millions à la télé, on a fait, je te dirais 80% des plus gros festivals au Québec. Pis les foufs, c’était comme un passage qu’on avait jamais fait, c’est comme si ça fait partie d’une démarche si tu veux puis on est très très contents d’y être passé. Les légendes du métal du Québec sont passées ici et du métal underground aussi.

P.B. : L’année dernière vous avez fêté vos 20 ans de carrière, vous continuez la tournée, c’est quoi les prochaines étapes?

S.B. : Fêter les vingt ans d’un groupe c’est particulier, nous on fait ça dans l’humilité. On est comme des vieux golfeurs qui tripent à aller jouer ensemble les fins de semaine. Ils ont gagné ben des tournois et là ils jouent pour le fun, mais en gardant le côté professionnel. On aime ce qu’on fait, on a du fun à le faire. C’est un peu pour ça qu’on fait les festivals.

P.B. : Quels sont les festivals que vous allez faire cet été?

S.B. : Cet été on va faire Asbestos, le Saint-Robert en fête qui est un petit village d’où je viens qui est absolument le plus beau village du Québec. Ne venez pas là parce que je ne veux pas que vous restiez chez nous, y va avoir trop de monde (rires). Je veux garder mon village intact. Par cœur je ne les sais pas tous, mais vous pouvez aller sur le site.

P.B. : Pourquoi vous avez décidé de revenir ensemble pour les vingt ans de carrière, cela a dû prendre un cheminement quelconque. Vous vous parliez toujours et…

S.B. : Non non, à la base on n’était pas des amis. Certains d’entre nous on s’est rencontré quand nous sommes partis en tournée ensemble. On a été scotcher ensemble 10 ans de temps! C’est plus qu’une équipe de hockey, plus qu’un couple plus que n’importe quoi. Alors quand Dubé (Jean-François Dubé, le chanteur) est partie en 1999, on a fait deux albums jusqu’en 2005 et il est revenu en 2006, 2008 pour immortellement célèbre et après ça bien ça donne le goût. Quand tu vas voir des gens que t’aimes à Alma, des gens que t’aime à Val d’Or, des gens que t’aimes à Lac-Mégantic, des gens que t’aimes en Beauce, à Gaspé, bien ça te donne le goût de rejouer. De revoir un ou deux amis par soir c’est déjà suffisant pour vouloir faire la route jusqu’à Sept-Îles.

P.B.: Le fait de jouer dans des petites salles intimes, est-ce que ça fait changement de jouer au Métropolis ou au Spectrum?

S.B. : On est très conscient de notre place. Ça fait 21 ans que l’on fait ça, les gens qui nous suivent ont des enfants, il faut qu’ils paient le char, ils viennent de s’acheter une nouvelle maison, ils ont vraiment d’autres chats à fouetter que de venir voir un show. Sauf qu’en festival là tu es cinq chums à aller prendre une bière. Tu pars avec tes chums de filles d’un bord, les chums de gars de l'autre, les enfants se font garder... C’est toute une autre synergie. On fait des festivals de 10-12 000 personnes. Ça c’est naturel! Le trip de faire des salles, c’est le fait que c’est acoustique, tu fais des nouvelles versions..

P.B. : Un peu comme à Québec dernièrement?

S.B. : Oui c’était écœurant! C’est toujours un plaisir d'y jouer! Qu’il y ait deux personnes ou comme ce soir, 40, 50, 60 personnes, on s’en fou! L’idée c'est de faire du rock!

P.B. : Puis avec les médias sociaux, peut-être que ça fait en sorte que cela se transporte un peu plus vite qu’avant!

S.B. : Oui si tu donnes un bon show, les gens le savent! Mais au Québec aussi, on est des gens qui passent vite à autres choses, il y a beaucoup d’offres. On est dans un bassin qui a beaucoup d’offres Francophones, Anglophones et où il y a beaucoup de talents. C’est plus difficile de faire sa place et de la garder. Une chance que nous on a un passé qui a de l’allure. Quand on va en tournée on joue On jase de toi, Malade, Je suis, En attendant de partir, T’es tellement belle, on a un comité d’accueil. Alors quand on fait un show, par exemple avec Breen et Sophie, les gens connaissent toutes les tounes jusqu’à la fin.

P.B. : Comment est arrivé l'idée de faire un spectacle avec Breen et Sophie?

S.B. : Marjo s’est blessée, Sophie a remplacée Marjo! En fait, on a remplacé Marjo sur une ''guire''. Ils nous ont demandé de prendre Sophie et comme par hasard on a vraiment eu du Fun et Sophie chante bien. Breen on lui a demandé de venir faire un trio sur l’album parce qu'on trippe sur Breen. C’est un gentleman, il rock, c’est un gars qui a de l’expérience. On a dit Why not! Puis un moment donné avec Sophie, on lui a demandé si elle voulait venir jouer, et si Sophie est là pourquoi pas Breen? On faisait déjà beaucoup d’Offenbach dans le show. Je considère que l’on est un peu les enfants d’Offenbach... C’est peut-être un peu gros, mais je considère que l’on est les héritiers d’Offenbach. Le fait de passer un peu de temps avec lui sur scène, c’est extraordinaire. Moi souvent, j’ai de la misère à finir les tounes parce que je suis trop ému. Si on chante en Français, c’est un peu à cause d’eux, le rock à la Offenbach au Québec, il n’y en a pas beaucoup.

P.B. : Qu’est-ce que ça vous fait d’être comme le groupe héritier d’Offenbach?

S.B. : Je pense qu’il y a un flambeau dans le rock Québécois qui va se transmettre, mais on n’est pas beaucoup. Je pense que l’on n’est pas beaucoup à faire un rock. Oui à la radio des fois nos extraits sont un peu plus léger, mais la formule live est très lourde en terme de rock je pense. On est vraiment chanceux!



Par la suite, nous avons eu le privilège de nous entretenir avec Sophie Pelletier!


Petite Boîte : Quand Marjo s’est brisée une hanche, tu as pris sa place comment as-tu réagi face à cela?

Sophie Pelletier : C’est Richard Petit qui m’a appelé pour la remplacer. Il m’a dit «Écoutes, on a un petit inconvénient qui est arrivé, pourrais-tu remplacer Marjo à Saint-Marc-sur Lac-Long?» qui se trouve être une région près de chez nous. Moi, je suis toujours partante pour les projets de musique. C’est sûr que je dis oui et en plus ils me disent que c’est avec Noir Silence. Tu vas faire des tounes de Marjo. Je connais tout le répertoire de Marjo. Puis, je suis arrivé là sans attente vraiment et finalement ça a bien adonné. Des fois, tu rencontres du monde et ça clique pas, et des fois tu rencontres du monde et ça clique fois mille. Puis avec eux autres, je suis arrivée et déjà j’avais un bel accueil, les chansons... au niveau de la dynamique de groupe ça se passait bien. Après la première rencontre, on a décidé de reproduire l’événement et je suis vraiment contente!
 
P.B. : Est-ce que tu as d’autres projets pour le moment? Est-ce que tu prépares un album?

S.P. : Oui exactement! Pour moi, ça a été long de me trouver une équipe qui voulait me soutenir. Au début j’avais Productions J, ça n’a pas fonctionné... Après ça j’ai été dans une autre boîte de production... ça n’a pas fonctionné non plus. Puis, j’ai décidé de produire mes spectacles moi-même. Je me suis informé beaucoup autour de moi pour savoir qu’est-ce que les gens faisaient, qu’est-ce qui me conseillaient dans l’industrie. Les gens m’ont conseillé de partir par moi-même, de faire les choses moi-même et de récolter tout le fruit que je faisais. Je ne me sentais pas vraiment ''ferrée'' pour faire tout cela par moi-même, mais j’ai commencé quand même à produire un show en décembre toute seule et dans ma région. La salle s’est bien remplie! Puis après ça, j’ai une de mes amies qui s’est impliqué dans mon projet. J’ai décidé qu’elle était ma gérante parce qu’elle faisait mieux que ce que personne avait fait jusqu’à présent. Maintenant on co-produit des shows ensemble. On loue des salles comme pour le 16 mai à Lévis, on produit un spectacle. Les deux on y met notre énergie, nos sous, on fait la promo... Moi je choisis les chansons, on va faire deux duos. Donc, c’est ça mes projets au niveau du spectacle présentement.

En a côté il y a la partie album, qui est plus longue et difficile que ce que j’avais pensé en sortant de Star Académie. Je suis difficile, je pense que c’est une bonne chose que je veuille que quand il va sortir, les gens ne soient pas déçu, mais au contraire qu’ils soient vraiment contents. Plus c’est long avant que ça sorte, plus il faut que ça soit bon! Ça fait déjà assez longtemps que Star Académie est terminé, je ne peux pas me permettre de sortir un album avec des chansons moyennes. Quand ça va sortir, il faut que cela soit exceptionnel! Il faut que ça soit du Sophie Pelletier, c’est ma carte de visite alors je prends vraiment le temps de faire chaque chanson. Je suis auteure-compositeur-interprète, j’ai besoin d’appui, d’aide au niveau de la création et c’est ca que je fais présentement. J’ai des amis, des gens de l’industrie qui m’aident à écrire des chansons et qui me disent, «Tu devrais aller vers ça..» moi ça me dirige. J’écris des chansons puis un moment donné, je vais avoir le bon nombre de chansons qui vont être sur l’album et à ce moment là, je vais sortir le produit.

P.B. : Comment ça a été d’attendre, puisque tu dis que cela a été un long parcours?

S.P. : C’est un cheminement personnelle. Tu sors de Star Académie, les gens te disent «Wow on croit tellement en toi» et tu te dis «ha ça va sortir cette année» et bien, non. C’est un travail personnel de se dire «soit patiente», parce que ce que tu veux réellement: Est-ce que c’est de sortir quelque chose le plus tôt possible parce que les gens en ont besoin? ou sortir quelque chose qui va te plaire et qui va être le maximum que tu vas pouvoir faire, peu importe quand cela va sortir? Je pense que c’est ça le compromis que j’avais à faire. Il fallait que je me résonne à ce niveau là, parce qu’il y a de la demande, parce que je reçois des messages sur Facebook... Un moment donné je me dis «les gens en veulent let’s go, il faut en sortir», mais il faut que je me garde une petite gêne. Il faut que je me garde ce droit-là de prendre mon temps de sortir quelque chose de qualité. Je veux que quand mon album va sortir je n’aie aucun regret.

Les gens me demandent souvent d’aller dans leurs régions. Pour le moment c’est impossible que je me retrouve dans toutes les régions du Québec en même temps. On y va étape par étape. Plus on en fait, plus on voit s’il y a de la demande, si c’est réussis comme projet.

P.B.: Est-ce qu’il y a beaucoup de gens de l’extérieur qui te suivent en spectacle?

S.P.: J’ai une gang de fans bien intéressante un peu partout au Québec, qui sont toujours une quinzaine à me suivre peu importe où je vais. Comme ce soir, il y avait du monde qui était là et qui sont toujours là que je joue dans le Bas du fleuve. Ils me suivent partout! C’est vraiment des gens qu’il ne faut pas négliger dans ce parcours là! Puis sinon en faisant de la pub, les gens se souviennent de Star Académie, les gens peuvent s’accrocher à moi, qui j’étais comme interprète et tout ça...


Merci à Samuel Busque et Sophie Pelletier pour le temps qu’ils nous ont accorder une entrevue et n’hésitez pas à aller les voir en spectacle! Nous vous le conseillons fortement.

Pour en savoir plus sur les dates de spectacles de Sophie Pelletier, visitez sa Page Facebook Officielle. D'ailleurs, n'hésitez pas à suivre «Noir Silence» sur Facebook! 

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