Renée Martel : un hommage à son père


Celle qui baigne dans le milieu artistique depuis son plus jeune âge a lancé mardi dernier son nouvel album La fille de son père, un hommage à son père, Marcel Martel. Réalisé par Toby Gendron, cet opus comprend 11 chansons popularisées par son père ainsi qu’une nouvelle chanson écrite par Nelson Minville. Renée Martel a également fait appel au regretté Georges Hamel et à Maxime Landry à titre de collaborateurs sur ce projet. Pour l’occasion, Petite Boîte s’est entretenue avec cette grande dame de la musique country où on en apprend plus sur son enfance, sa relation avec son père, les artistes de la nouvelle génération, la préparation d’une prochaine tournée, un timbre à son effigie et plus encore.


Petite Boîte : Quelle est votre perception de votre nouvel album? De quoi êtes-vous le plus fière?
Renée Martel : Je suis le plus fière parce que c’est un projet que j’avais en tête depuis 3 ans et de l’avoir en tête, et de l’avoir ensuite dans les mains, c’est un processus, pour moi, qui a été assez long, mais je croyais tellement à ce projet-là que je suis fière de l’avoir mené jusqu’au bout.

 P.B. : Justement, dans cet album, on retrouve la chanson originale La fille de son père écrite par Nelson Minville. Qu’est-ce que cette chanson représente pour vous?
R.M. : Tout l’album, en fait, ce sont des chansons de mon père que j’ai reprises, que j’interprète à ma manière, mais en étant fidèle aux textes et aux arrangements sauf que les arrangements sont plus modernes. C’est important pour moi de garder l’intégrité des chansons. Et étant donné que j’avais juste des chansons de mon père sur l’album, je voulais avoir une chanson qui lui est complètement dédiée, vraiment écrite pour lui. J’ai essayé de l’écrire parce que j’écris énormément de chansons, mais je n’ai pas été capable parce que c’était trop proche de moi. Alors, j’ai demandé à Nelson qui me connaît bien. Et lui, il a trouvé les mots de ce que je voulais dire exactement.

P.B. : Vous venez de le mentionner, vous avez repris les chansons écrites par votre père. Son répertoire varié comprenait plus d’une centaine de chansons…au-delà de 500 même…Comment avez-vous donc procédé pour sélectionner les chansons qui allaient figurer sur l’album?
R.M. : J’en choisissais 12 sur un répertoire de 500. C’est difficile! J’ai essayé de me mettre dans ma peau d’enfant et d’adolescente, quand je travaillais avec lui et qu’il chantait ces chansons-là. Je voulais des chansons que je l’ai vu chanter sur scène parce que beaucoup de chansons, il les a chantées plus tard quand je ne travaillais pas avec lui. J’essayais de prendre des chansons que j’aimais beaucoup. 

P.B. : Cet album-ci a été réalisé une quinzaine d’années après le décès de votre père. Diriez-vous que la conception de cet album a été thérapeutique en quelque sorte?
R.M. : J’avais fait un album semblable de chansons de mon père quand il est décédé, mais ce n’était pas du tout la même émotion parce qu’à ce moment-là, c’était à fleur de peau : il y avait beaucoup de tristesse et de détresse dans l’album malgré que c’était un album qui était très beau. Dans celui-là, il est plus heureux, plus souriant. C’est toujours un peu thérapeutique de faire un album comme ça parce que c’est sûr qu’un père et une fille (parent/adolescent) dans la vie, on a des conflits. Ce n’est pas juste mon père et moi, dans toutes les familles, de temps en temps, il y a des conflits. Et bon, moi ça me permet de faire la paix avec tous ces conflits-là. Mon père est très présent quand je suis sur scène, quand je chante ses chansons. J’ai l’impression qu’il m’écoute, qu’il est content et fier de ce que je fais avec son héritage. 

P.B. : Un héritage qui continue au fil du temps…
R.M. : C’est l’héritage qu’il m’a laissé. C’est l’héritage que je suis en train de bâtir pour mes enfants et pour mes petits-enfants. Ils vont avoir tout un héritage, celui de mon père et le mien. C’est quelque chose d’énorme!

P.B. : Ça m’amène à ma prochaine question, soit le fait que votre musique se transmet à la prochaine génération. Sur cet album, vous avez travaillé avec Maxime Landry, un artiste de la nouvelle génération. Comment avez-vous trouvé l’expérience de travailler avec lui?
R.M. : Je travaille avec lui régulièrement depuis deux ans. Un soir, on travaillait ensemble et c’était justement au moment où on faisait les bandes musicales en studio. On était au Verre Bouteille et je lui ai dit que j’aimerais ça qu’il vienne chanter une chanson avec moi. Et il s’est mis à me chanter Hello Central. Je lui ai dit : « comment-ça tu connais ça?» Il m’a dit : « Écoute! Je connais tout le répertoire de ton père!» En plus, c’est sur cette chanson que Maxime a appris à jouer de la guitare et c’est la chanson préférée de sa famille. Je trouve ça extraordinaire parce que mon but, c’est de transmettre ces chansons-là à d’autres générations. Et quand je vois que Maxime, qui a 26 ans, connaît le répertoire de mon père, j’ai bon espoir que ça se continue. 

P.B. : Tout cela, on peut le voir également avec la chanteuse Annie Blanchard qui s’inspire de votre style et que vous avez marrainée d’ailleurs...
R.M. : Oui, que je marraine toujours. Là, on vient de terminer une tournée de deux ans où elle faisait ma première partie. Elle venait aussi chanter avec moi dans mon spectacle et pour moi, Annie, c’est ma relève! Je crois beaucoup en Annie, car elle fait doucement son chemin, ce n’est pas un éclatement. Elle ne prend pas nécessairement l’autoroute, elle prend les routes de côté, mais je suis certaine que ça va durer plus longtemps que les vedettes du mois, la saveur du mois! 

P.B. : Comme vous l’avez dit, vous venez de finir la tournée Une femme libre. Et dès ce printemps, vous allez amorcer la tournée pour ce nouvel album.
R.M. : On a fini il y a deux semaines. On commence la tournée en fin avril. Et je suis dans l’écriture par-dessus la tête en ce moment parce que le spectacle, il faut que je l’écrive. 

P.B. : Qu’est-ce vous aimé le plus particulièrement dans ça, le fait d’aller sur la route?
R.M. : Ce que j’aime le plus dans ce métier globalement, c’est de me retrouver sur scène. J’ai été élevée sur une scène, alors pour moi, c’est ma maison! Ça me donne un trac fou avant de commencer, mais une fois que je suis sur scène, je suis chez moi et c’est ce que j’aime le plus. C’est l’endroit où on peut communiquer directement avec les gens qui nous aiment et qui suivent notre carrière. J’ai toujours dit : « Si tu n’as pas de public, tu n’as pas de carrière! » C’est le public qui fait de toi ce que tu es! Le public me donne cette affection, cette confiance-là et je leur donne ce qu’ils attendent de moi. 

P.B. : Et qu’est-ce que ça vous fait de voir qu’après toutes ces années, les gens répondent toujours et chaleureusement à l’appel?
R.M. : Je m’étonne à chaque fois malgré tout. Chaque fois que je fais une salle, c’est toujours salle comble et ça m’étonne à chaque fois, mais ça me rend heureuse et je suis tellement contente! Je me dis : « mon dieu, ils ne sont pas tannés de me voir! » Mais, non! Je trouve ça extraordinaire que le public ait encore la curiosité de venir voir ce que je peux encore faire sur la scène. Pour moi, c’est vraiment un beau cadeau! 

P.B. : Puis, au final, que souhaiteriez-vous que le public retienne de ce nouvel album?
R.M. : C’est facile parce que les gens connaissent le lien entre mon père et moi. Mon public a d’abord été celui de mon père et c’est devenu le mien par après. Je pense que les gens attendaient cet album depuis longtemps, et je pense qu’ils vont être très heureux parce que je l’ai bien rendu... Et surtout les gens de la musique country, ils vont être tellement contents parce que ça faisait longtemps qu’ils attendaient un album comme ça de moi. Je pense que les gens vont être contents, et la tournée La fille de son père, je pense, va être un succès. 

P.B. : Finalement, pour terminer, je ne pouvais pas passer par le fait que Postes Canada va émettre un timbre à votre effigie. Quelle a été votre réaction quand vous avez appris ça?
R.M. : Au début, je n’ai pas pris ça au sérieux parce que c’est quelque chose que jamais dans ma vie j’aurais rêvé, je n’ai jamais eu le désir de ça. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Mais, quand on a commencé à m’approcher pour ça, j’ai compris à un moment donné que c’était sérieux. Et, là, c’était comme une peur que j’ai eue, je me suis dit : « mais mon dieu, comment ça se fait qu’il me demande, moi…? » C’a été un questionnement, mais après, j’ai compris. Je ne sais pas si tous les artistes sont comme ça, mais j’ai de la difficulté à recevoir. Je suis prête à donner, donner, donner, mais recevoir, j’ai un peu plus de difficulté avec ça. Mais, après, j’ai compris l’impact de cet honneur-là et réellement c’est le plus grand honneur que j’ai eu dans mon métier. Je suis très honorée de ça!

Un sincère merci à Renée Martel pour ces belles paroles!


Le timbre à l'effigie de Renée Martel sera disponible à compter du 31 juillet 2014. Pour plus d’informations sur Renée Martel, visitez http://productionsmartinleclerc.com/reneemartel. Nous vous invitons à vous procurer l'album «La fille de son père» sur Itunes, pour seulement 9.99$!




Merci à Simon Robitaille!


Entrevue par Stacy Rajarison
Crédits photos: (1 et 3) Facebook officiel de Renée Martel (2) Claudia Boisvert

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