Entrevue | Patrice Coquereau, l'auteur!

Par Claudia Boisvert




8 avril 2014 - Montréal | C'est dans une ambiance 5@7 au Robin des Bois à Montréal que le comédien Patrice Coquereau a présenté son tout premier livre «Guérir à gorge déployée». Un lancement simple, convivial et chaleureux, à l'image de ce nouvel auteur.  Pour ce premier livre, Patrice a fait appel à nul autre que les Éditions de L'Homme, qui l'ont épaulé du début à la fin. 

Familles, amis, comédiens et médias étaient présents pour soutenir et encourager Monsieur Coquereau, dans ce nouveau projet. Quelques minutes avant qu'il prononce un petit mot à ses invités, Patrice a pris un moment pour répondre à nos questions et nous parler des troubles d'anxiété. 
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Voici notre entrevue avec Patrice Coquereau, l'auteur! 

Petite Boîte : Comment est-ce que l’on se sent, avec autant de personnes à nos côtés pour un événement comme celui-là?
Patrice Coquereau : J’étais prêt, c’est un cadeau, en plus c’est le jour de mon anniversaire. Ce n’est pas prémédité, ça a adonné que les Éditions de L’Homme ont décidé que le lancement aurait lieu le 8 avril. C’est une mise au monde, un lancé de ballon. Ça ne peut être mieux aligné que ça. C’est extraordinaire! Avec tous les gens qui sont ici, vraiment, je suis enchanté!

P.B. : L’idée d’un livre, ça vient d’où? Car on peut lire dans ton prologue, que tu n’avais pas envie de raconter tout ça à qui que ce soit. Pourquoi maintenant?
P.C. : Les premiers temps de ma vie que j’ai vécus ça, je me cachais. Un jour, à cause du métier que je fais, et parce que je voulais guérir, je voulais transformer ça. Au fil du temps, de prendre la parole à travers les personnages, c’est super. Mais je voulais prendre la parole à titre personnel. J’ai commencé à travers des conférences. Mais là, je suis là, ça va de soi, il faut que je mette ça au monde! J’en ai besoin. Toutes les circonstances ont faite que j’ai rencontré Marie-Claude Barrette au Tricheur, qui m’a mis en contact avec Laurence, qui elle, m’a mis en contact avec les Éditions de L’Homme, les portes s’ouvraient et je me suis dis «vas-y, fais-le!».

P.B. : Justement, les problèmes d’anxiété comme ça, en lisant ton livre on sait comment toi tu le vivais, comment tu t’en es sorti également. Mais comment tes proches le vivaient, dans le quotidien?
P.C. : Je suis d’une famille remplie d’inquiétudes, vraiment. En même temps on a une capacité de rire, une capacité théâtrale, il y a quand même des compensations. Mais on n’en parlait pas beaucoup. […] Ça reste que dans notre famille, et dans beaucoup d’autres familles, l’anxiété est un sujet tabou, parce que l’on vit dans un monde d’images, il ne faut pas avoir l’air faible, etc. Je ne suis ni docteur ni psychologue, mais moi je sens le besoin qu’il faut que l’on ouvre un peu plus les portes là-dessus. On a tous un ego, on veut tous être aimé, on a tous une histoire familiale, on veut être validé, on a des peurs (peur de l’échec, peur de l’abandon, la pression), on peut se le dire plutôt que de dire que «tout va bien», moi je suis tanné de ça, c’est toujours la même fréquence! Il y a autre chose dans la vie. Peut-on être plus sur la nuance des rapports? […] On ne parle jamais de la mort, on a peur de la mort, de l’abandon, de la séparation, on a peur de déménager… On a peur, on a peur! On peut faire avec, on peut transformer la peur. On peut s’en servir comme outil, il ne faut pas en avoir honte. «J’ai peur donc je suis faible et je vaux rien» c’est très plate comme équation.

P.B. : Effectivement, la peur n’est pas un mode de vie! Pour les jeunes qui sont dans le milieu, qui commencent, et qui vivent aussi cette anxiété-là, mais qui n’osent pas extérioriser leur problème, que leur dirais-tu?
P.C. : Parlez-en. Parlez-en, mon Dieu! Écrivez. Créez. Parlez. Allez chercher de l’aide. Remettez du mouvement dans ce qui est figé. La peur c’est la glace. Quand on redevient présent dans le souffle, dans l’attention, dans la chaleur, on fait tomber la peur. Il faut y faire face à la peur! On peut la fuir et la fuir… mais un moment donné elle finit toujours par nous rattraper. C’est notre prestance qui veut se déployer. On a tous quelque chose d’unique à donner, à partager et c’est ça qui veut se manifester. L’anxiété pour moi c’est un conflit entre l’ego qui veut s’installer et notre prestance, notre élan, nos rêves personnels et individuels qui veulent se manifester. Mais on a peur, et «mon Dieu, qu’est-ce que le monde va dire», tout le monde pense comme ça, c’est ça le problème! Il faut aller au-delà de ça, faire face à ses peurs et les autres diront bien ce qu’ils voudront, parfois ça va déranger les autres, mais ça va mettre du mouvement! Alors allons-y! Quelqu’un veut peindre, voyager, communiquer? Quelqu’un veut dire quelque chose à un ami, un ami à qui ça fait longtemps qu’il se retient de dire certaines choses… Dites-le! Mettez-le sur papier pour commencer, trouvez-vous des stratégies… mais allez vers ce mouvement-là! N’attendez pas à votre mort pour dire «j’aurais donc dû».

P.B. : Parlant de peur, est-ce tu étais craintif qu’embarquer dans ce processus de création pour livre?
P.C.: Il y a eu des moments de doutes et tout ça. Mais ça, c’est le trac! J’ai tellement été bien encadré, entouré aux Éditons de L’Homme par Liette Mercier qui avait une certaine rigueur et beaucoup d’humanité! En fait, je n’ai même jamais eu le syndrome de la page blanche. Le plus dur, c’est qu’il fallait que je m’assois. Je trouvais toutes sortes d’excuses, on sait ce que c’est, «Ah faudrait je fasse ça… et j’ai tel affaire aussi à faire!» Quand je m’assoyais, par contre, ça prenait 5 minutes et j’embarquais.

P.B. : Pour l’écriture, est-ce que ça été difficile pour toi te remettre dans ta peau d’homme qui a des troubles anxieux?
P.C. : J’ai tellement mûri, j’ai tellement fait de réflexion que là, j’étais mûr. Oui ça m’a mis parfois dans certains états, mais en même temps je n’étais pas en psychose ni anxieux. En fait, j’ai eu l’impression de raconter l’histoire de quelqu’un d’autre.

P.B. : Comme si tu étais devenu quelqu’un d’autre, une nouvelle personne…
P.C.: Oui, c’est bizarre, hein? Mais maintenant j’ai mûri. C’est une période de ma vie qui est terminée. Je tourne la page!

P.B. : Est-ce que le processus de création est quelque chose que tu aimerais répéter? Un autre livre, peut-être?
P.C. : Oui! Un autre livre, un one man show... J’ai plein de projets! J’aimerais écrire un autre livre, ça ne sera pas la même chose, mais peut-être un essai, une fiction, un roman.

P.B. : De beaux projets! Justement, qu’as-tu à venir dans les prochains mois?
P.C. : Oui, je fais le théâtre d’été de Terrebonne, je fais un spectacle au TNN et un spectacle au Théâtre du Rideau Vert. Une 6e année à l’émission «Vrak la vie», projet télé en chantier avec des producteurs et ça avance bien… Projet cinéma, aussi! J’ai toujours travaillé et je vais toujours travailler. 

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Le livre «Guérir à gorge déployée» est une lecture que Petite Boîte vous conseille. Un livre qui remonte le moral, et qui est rempli de conseils et de ressources. L'homme inspirant qu'est Patrice Coquereau, saura vous guider et vous aider, à travers quelques lignes, à travers sa propre histoire. 

«Guérir à gorge déployée» est en vente un peu partout, incluant chez Renaud-Bray et Archambault. Vous pouvez en effectuer l'achat en ligne, via ces sites, pour la légère somme de 24,95$. Aussi, Patrice est en conférence à travers le Québec. Pourquoi ne pas le rencontrer en personne, et écouter sa version sur les troubles de l'anxiété? Pour connaître les dates où Patrice sera de passage dans votre région, cliquez ici

Pour toutes autres informations à son sujet et pour suivre Patrice Coquereau dans tous ses projets, visitez son nouveau site internet patricecoquereau.com ainsi que sa page Twitter


Merci à Annexe Communications pour avoir rendue cette entrevue possible!

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