Les amants de Vérone québécois enfin dévoilés!

Article par Amélie Carrier

C'est Philippe Thibault-Denis et Marianne Fortier qui seront les interprètes de Roméo et Juliette cet été au Théâtre du Nouveau Monde. Après l'immense succès qu'ont connu les pièces Cyrano de Bergerac et Les Trois mousquetaires, le TNM renoue une fois de plus sa collaboration avec Juste pour rire pour ce nouveau spectacle. Serge Denoncourt signe la mise en scène de la pièce qui sera présentée du 21 juillet au 18 août prochain au cœur du Quartier des spectacles à Montréal. « Depuis deux étés, on vit une magnifique histoire d'amour avec le public montréalais et québécois. Plusieurs pensaient qu'on allait se casser la gueule en présentant des classiques comme ça l'été, mais ça devient une tradition et le public est toujours là. » 

Distribution qui mêle jeunesse et expérience

Philippe Thibault-Denis, reconnu pour son rôle de d'Artagnan des Trois mousquetaires présentée au TNM à l'été 2015, et Marianne Fortier qui fait partie du paysage télévisuel québécois depuis son rôle dans le film Aurore en 2005, soulignerons cet été le 400e anniversaire de la mort de Shakespeare avec une vingtaine d'autres comédiens à leurs côtés.

Sur scène seront entre autres réunis les comédiens bien connus du public Debbie Lynch-White, Benoit McGinnis, Catherine Proulx-Lemay, Jean-François Pichette, Guillaume Cyr et Mikhaïl Ahooja, en plus de nombreux jeunes acteurs tout juste sortis des écoles de théâtre. 

À gauche, vêtus de noir, les Capulet. À droite, vêtus de blanc, les Montaigu. Le metteur en scène Serge Denoncourt a tenu à séparer ses acteurs par familles dès leur entrée sur scène, comme elles le seront dans la pièce. 

Hommage à François Barbeau

Dès son arrivée sur scène, Serge Denoncourt n'a pu s'empêcher de parler d'abord de son collègue et ami François Barbeau, grand concepteur de costumes qui a cotoyé plusieurs générations de metteurs en scène au Québec, décédé il y a quelques jours à peine. « J'ai lu un peu partout qu'un grand concepteur de costumes était mort » a partagé Serge Denoncourt. « C'est faux. C'était beaucoup plus que ça. François a inventé ce métier qui n'existait pas au Québec. François Barbeau qui disparaît, ça veut dire que c'est une philosophie du théâtre, une bibliothèque du costume, une école de pensée, une source de connaissances qui disparaît avec lui et qu'on ne retrouvera jamais. Tout le milieu du théâtre est en deuil. » Pour lui rendre hommage, 20 des plus grands costumes de François Barbeau seront portés par les comédiens dans la célèbre scène du bal.

Oeuvre de Shakespeare revisitée

Ce n'est pas pendant la période de la Renaissance mais bien dans les années 30, pendant la montée du fascime et l'apparition des chemises noires en Italie que l'histoire se déroulera. Serge Denoncourt a voulu transposer la pièce dans un univers plus contemporain afin de dresser un portrait de société de cette époque. « J'avais envie d'une relecture de cette histoire d'amour sur fond d'extrême droite, dans une Vérone très riche de 1937, parce que l'amour existe toujours et l'extrême droite aussi. »

Entrevue avec Philippe et Marianne alias Roméo et Juliette

Petite Boîte a pu s'entretenir avec les principaux intéressés, soit Philippe Thibault-Denis qui tiendra le rôle de Roméo et Marianne Fortier qui interprétera Juliette, pour recueillir leur premières impressions suite à l'annonce officielle de leurs rôles respectifs au grand public, pour en apprendre davantage sur l'envers du décor et pour finalement découvrir leur rapport à la plus grande histoire d'amour de tous les temps.

Petite Boîte : Quel a été votre tout premier rapport avec Roméo et Juliette?

Philippe Thibault-Denis : La première fois que j'ai vu Roméo et Juliette c'était le film avec Léonardo Dicaprio que j'ai regardé avec mes deux sœurs. Les deux ont beaucoup apprécié ce film quand elles étaient adolescentes mais de mon côté, j'étais plus jeune. Je n'étais pas dans la période de la vie d'un petit gars où il aime le romantisme alors j'avais trouvé ça bleh. Par la suite, comme j'ai commencé à faire du théâtre très jeune, j'ai lu la pièce, j'ai joué quelques petites scènes quand j'étais adolescent et je l'ai revue au Cégep et au Conservatoire. J'ai donc vu le film en premier, et ensuite la pièce. J'aurais aimé te dire qu'à 6 ans, j'ai vu une adaptation extraordinaire sur scène mais ce n'est pas le cas! (rires)

Marianne Fortier : Je n'ai jamais vu d'adaptation théâtrale de Roméo et Juliette et là c'est moi qui va jouer dedans, en plus dans le rôle de Juliette. C'est drôle (rires). J'avais lu la pièce en cours d'anglais pour la première fois lorsque j'avais 14 ou 15 ans, en ancien anglais, un peu compliqué à comprendre. Donc ça a été mon premier contact. Ensuite, j'ai vu le film de Franco Zeffirelli de 1968, et shame on me je n'ai jamais vu la version avec Leonardo Dicaprio (rires), mais je me dis que cette semaine il faut vraiment que je voie ça!

Petite Boîte : Avez-vous déjà rêvé de jouer Roméo/Juliette?

Philippe Thibault-Denis : C'est une bonne question. Je ne pense pas que je voyais ça comme un rêve, mais il y a quelque chose de super euphorisant et d'excitant dans le fait de jouer ce personnage-là que tout le monde connait. De jouer les amoureux des amoureux. L'an passé, quand j'ai joué d'Artagnan (Les Trois mousquetaires) au théâtre, j'avais une connection émotive à ce personnage-là parce que mon père me lisait la pièce quand j'étais petit. L'excitation est aussi forte mais différente pour Roméo. La grandeur de l'oeuvre, le trip de gang que je m'apprête à vivre et le fait que tout le monde connaît l'histoire rend le tout excitant mais aussi plutôt épeurant.

Marianne Fortier : Je n'ai jamais rêvé de jouer une telle icône un jour. C'est arrivé comme ça dans ma vie. On m'a demandée si j'étais intéressée à auditionner et je me suis dit go, j'y vais!

Petite Boîte : Quelle est la scène que vous avez eu à jouer en audition?

Philippe Thibault-Denis : On a fait deux scènes. La scène quand Roméo rencontre Juliette au bal, donc leur toute première rencontre, et la scène du balcon que tout le monde connait. Le danger, l'excitation et le flirt adolescent présents dans ces scènes-là font que ce sont des scènes géniales à jouer en audition! 

Petite Boîte :  Étiez-vous satisfaits de vos auditions? Comment est-ce que ça s'est passé concrètement?

Philippe Thibault-Denis : Je ne suis pas un très bon juge de mes propres performances. Des fois je me dis ark. Des fois je me trouve bon et j'ai du fun. Je suis sorti de cette audition-là en me disant que j'avais eu du fun. En plus à la deuxième audition, on voyait les autres comédiens auditionner avant et après nous et ça m'a vraiment enlevé la nervosité que j'avais. Il y en a à qui ça a moins plu cette façon de faire-là, mais moi j'ai beaucoup aimé.

Marianne Fortier : Concrètement, il y a eu une première audition. On a eu 5 à 6 jours pour apprendre nos textes et nous étions jumelés à quelqu'un pour passer l'audition en couple. On a fait du coaching et j'ai travaillé très fort pour cette audition-là. Après, il y a eu un call back, donc une deuxième audition. À ce moment-là, il restait 3 Roméo et 4 Juliette. J'ai alors été placée avec Philippe, que je ne connaissais pas avant et on a fait l'audition ensemble. 

J'ai rarement été aussi stressée. J'étais toute à l'envers, vraiment. Ça a été difficile pour moi, parce que ce n'est pas un contexte que je connais beaucoup. J'ai déjà fait beaucoup d'auditions pour la télé et le cinéma mais au théâtre, pas tellement. Déjà, d'auditionner pour Serge Denoncourt et la grande famille du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), c'est imposant. Tout le monde en audition se connaissait en plus parce qu'ils ont tous fait les écoles de théâtre. C'est un contexte dans lequel il est difficile de s'intégrer. Mais j'étais tellement contente juste à l'idée d'être invitée en audition. Je me suis dit que je ne devais pas passer à côté de ça. Je le faisais à la base pour l'essayer, pour avoir une expérience de plus. Ça a fonctionné. Je vais en avoir de l'expérience après ça en tout cas!

Petite Boîte : Où est rendu le processus? Avez-vous commencé à répéter?

Philippe Thibault-Denis : Il n'y a pas eu de lecture encore. Marianne et moi on va commencer à travailler le texte avec Serge Denoncourt à la fin février ou au début mars. Ensuite, les premières lectures vont se faire en avril avec toute la troupe, et les répétitions vont se poursuivre en avril, mai et juin.

Petite Boîte : Parlez-moi de votre relation de travail avec Serge Denoncourt. Comment ça se passe?

Philippe Thibault-Denis : Serge est devenu un ami pour moi. Je l'apprécie beaucoup et j'ai beaucoup de respect pour son travail. Il y a quelque chose de génial dans sa façon de diriger. Il a un regard sensible sur l'humain et il est capable d'amener les acteurs à des endroits où ils n'auraient jamais été capables d'aller si ce n'était pas de lui. On a un très bon rapport de travail. On possède la même vision du théâtre et on valorise tous les deux l'acharnement dans le travail et le travail d'équipe.

Marianne Fortier : On en est aux premiers contacts. Déjà, j'ai beaucoup aimé sa dynamique et son attitude en audition. Je l'ai trouvé vraiment gentil de m'accompagner là-dedans. Il savait que je n'avais pas fait d'école de théâtre et que j'étais un peu stressée. Il m'a simplement dit d'avoir du plaisir en auditionnant et ça rendait le tout vraiment chaleureux. Il est très accessible. Je suis contente d'entrer dans la famille du Théâtre du Nouveau Monde (TNM) avec lui et toute l'équipe. Ils sont tous si gentils!

Petite Boîte : Avez-vous hâte au 21 juillet (la première)?

Philippe Thibault-Denis : J'adore les premières! C'est toujours un gros boost d'adrénaline et comme disais Guy Nadon dans l'un de ses textes que j'ai lu dernièrement, une première ça s'apparente parfois au débarquement de Normandie. Tu dois foncer tête première et espérer  t'en sortir. En plus, j'ai déjà travaillé avec la moitié de la distribution alors ça va être un beau trip de gang, un gros thrill!

Marianne Fortier : Eh boy! Je risque d'avoir l'impression de tomber en bas d'un building en posant mon pied sur la scène pour la première fois. J'aime mieux ne pas y penser tout de suite parce que c'est intense. Mais rendue là, c'est certain que ça va être stressant, mais je vais être prête et toute la distribution va être prête aussi!

Pour vous procurer des billets et ainsi devenir témoins de cette sublime histoire d'amour cet été au TNM, rendez-vous sur le site Web de Juste pour Rire ici

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