«Vivre», la théorie flyée de Sexe illégal

Article par Karianne Falcon
Photos par Andreanne Coggins


Le 7 avril dernier, deux mots : rock&rires, décrivait l’ambiance qui habitait le Théâtre St-Denis, alors que le duo Sexe illégal, composé de Paul Sèxe et Tony Légal, était sur scène pour y présenter la dernière médiatique de son spectacle «Vivre!»

Arborant le look hippie issu des années 1970, décennie où les deux membres ont commencé à collaborer – eh oui, ils le répètent sans cesse dans le spectacle, ça fait quarante ans PRESQUE cinquante qu’ils travaillent ensemble- ces «énergumènes» uniques en leur genre, avec «Vivre!», dévoilent leur philosophie de la vie, crue, parfois véridique,parfois tirée par les cheveux, très métaphorique, mais tellement rafraîchissante et divertissante, pour une heure trente de représentation complètement survoltée.

Avec deux artistes aussi énergiques, un sujet n’attend pas l’autre pendant les blocs de quarante-cinq minutes. Le spectacle s’est ouvert sur un numéro démystifiant la frontière qui sépare les gens connus des gens pas connus, et expliquant en quoi leur quotidien se différencie. Pour appuyer ce débat, le duo a arrimé ses passions humour et musique, en interprétant la chanson Tu gagnes à être connu. Il faut dire que les quatre-vingt-dix minutes de show ont été un va-et-vient constant entre humour et prestations musicales, procurant une atmosphère décontractée et festive.

Après avoir  lancé le bal avec la théorie gens connus VS gens pas connus, le groupe a enchaîné avec une pièce de musique hommage au défunt chanteur Freddie Mercury, avant pour thème le sida, maladie dont est décédé l’artiste en 1991. Poursuivant sur cette même lancée, ils ont interprété leur pièce intitulée Bernard Derome, dédiée au « cinquième Beatle», George Martin, dont le décès a beaucoup été médiatisé le mois dernier.  S’en sont suivies les titres Marcel et Petit homme fusée, inspirée de la carrière de David Bowie, autre grand chanteur disparu au début de 2016.

Le duo Sexe illégal, dévoilé au grand public lors de sa participation au concours En route vers mon premier Gala Juste pour Rire en 2011, parle, dans la première moitié de la représentation, avec une bonne dose d’ironie de sa place dans l’industrie de l’humour, de son engagement politique envers la communauté, de son implication auprès des enfants malades et des enfants soldats, des femmes battues, de la pauvreté, des féministes, de la pédophilie, du racisme et de l’éducation. Dans l’ensemble, le tout est abordé avec légèreté, ce qui fait rire plus souvent qu’autrement. Or, quelques blagues sournoises sont un peu plus déplacées, ce qui vient un peu gâcher le fun.

La deuxième portion de « Vivre!» a été en partie occupée par une mise en scène théâtrale loufoque, mais ingénieuse et calculée au quart de tour dans le choix des mots, ayant pour ligne directrice le sexe. Un numéro qui, à lui seul, vaut le détour! Définitivement le moment clé de soirée, même. Ces deux hommes qui par leur allure, leurs gestuelles et leur gags paraissent être des spécimens pas rien qu’un peu et semble parfois raconter ce qu’on pourrait qualifier« du gros n’importe quoi», à quel point leur humour est parfois dérisoire et absurde, savent surprendre le grand public avec des jeux de mots des blagues qu’on n’aurait jamais vu venir.

Outre le numéro de théâtre, la seconde partie du spectacle traite d’homosexualité, d’homophobie et d’amour. À ce propos, s’il y a bien une phrase à retenir du spectacle, tellement elle est pleine de sens : L’amour, c’est comme les bijoux, si tu en veux, attends pas que les autres t’en donnent, pratique l’auto-love. Une phrase très significative qui amène à se questionner sur l’estime de soi.

Enfin, le public a eu droit à de la «toune»  en boucle avec la chanson solo de Tony, une parodie de la chanson Hallelujah de Leonard Cohen, une reprise humoristique de Ricky Martin, une chanson inspirée d’Anne Frank et un hymne à la prudence.

En gros, le spectacle « Vivre!» de Sexe illégal c’est de la vraie bombe. Un amalgame parfois entre humour et chansons pour le plaisir de tous.


Pour vous laisser emporter dans l’univers de ces deux fous de l’humour, consulter leur horaire de tournée au : www.sexeillegal.com/calendrier

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